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La dernière enquête de l’IBE met en lumière la vision des collaborateurs sur l’éthique au travail

Plus d’un tiers des employés pensent que les valeurs éthiques au sein de leur organisation se sont améliorées suite à la pandémie de Covid 19 (37%), et moins d’un employé sur 10 pensent qu’elles se sont détériorées (8%), d’après les dernières recherches de l’Institute of Business Ethics (IBE).
En 2021, l’IBE a interrogé environ 10 000 employés dans 13 pays (dont la France) pour en savoir plus sur leurs attitudes et leurs perceptions de l’éthique dans leur organisation.

Bonnes nouvelles… et mauvaises nouvelles…

Alors que 86% des employés déclarent que l’honnêteté est toujours ou fréquemment pratiquée au sein de leur organisation, et que 53% disent que leur organisation a un dispositif « Speak Up » (« s’exprimer ») permettant de signaler une faute de manière confidentielle, seulement 57% des employés ayant eu connaissance d’un problème d’éthique disent avoir fait part de leurs préoccupations.

En outre, l’IBE note qu’un nombre choquant de deux cinquièmes des employés qui ont parlé d’un manquement à l’éthique disent avoir subi des représailles en conséquence (43%). Près de la moitié des employés (48%) des organisations disposant d’un programme d’éthique complet déclarent que leur supérieur hiérarchique récompense les employés qui obtiennent de bons résultats, même s’ils utilisent des pratiques éthiquement discutables.

Un aperçu des tendances en France

L’IÉSEG, par le biais de son Center of Excellence for Organizational Responsibility (ICOR), est l’un des partenaires nationaux de ce projet de l’IBE, aidant à fournir des informations pour les développements en France. Les résultats de l’enquête française 2021 ont été publiés séparément sur cette page du site de l’IBE.

« Par rapport à 2018, l’opinion des salariés sur l’éthique au travail en France s’est améliorée à bien des égards« , ajoute l’IBE. « Ils sont plus susceptibles de penser que l’honnêteté est pratiquée sur le lieu de travail, ils sont moins susceptibles d’être au courant de comportements répréhensibles et de se sentir poussés à compromettre les normes de comportement de leur organisation. »

L’étude révèle également que les employés français et allemands sont parmi les plus susceptibles de dire que l’honnêteté est toujours ou fréquemment pratiquée dans leur organisation (89%), tout comme leurs collègues suisses (91%).

Le pourcentage de salariés qui se sont sentis contraints de transiger sur les règles de comportement de leur organisation a sensiblement diminué en France par rapport à 2018 (9 % contre 20 %). Il s’agit du niveau le plus bas jamais enregistré dans le pays.

Parmi les 13 pays sondés, la France est l’un des quatre où moins de 10% des employés signalent ce genre de pression. La source principale de pression pour les salariés français était due au fait de suivre les ordres de leur patron (34%), suivie par la pression due temps au temps/à des délais non réalistes (28%).

Plusieurs points doivent être abordés

Cependant, l’IBE souligne plusieurs problèmes qui doivent encore être résolus en France. « Bien que plus fréquente que par le passé, la mise à disposition des éléments pour un programme d’éthique reste moins courante que dans d’autres pays et les employés ont des avis mitigés sur l’engagement de leur supérieur hiérarchique en matière d’éthique, ainsi que sur la capacité de leur organisation à s’engager efficacement auprès des parties prenantes internes et externes. »

Par exemple, l’étude révèle que seuls 58% disent que leur supérieur hiérarchique explique l’importance de l’honnêteté et de l’éthique dans leur travail.

Le professeur Simone DE COLLE, professeur d’éthique des affaires à l’IÉSEG, explique : « Globalement, il est très encourageant de constater que moins d’un salarié français sur 10 déclare avoir subi des pressions pour compromettre les normes de conduite de son entreprise. La pandémie a peut-être aidé certaines entreprises à redécouvrir le côté humain des affaires ».

« Néanmoins, il est inquiétant de constater que les salariés français sont parmi les plus susceptibles de subir une forme de représailles lorsqu’ils s’expriment. Plus de la moitié d’entre eux (60 %) ont déclaré avoir subi une forme de désavantage ou de représailles après avoir fait part de leurs préoccupations, soit le niveau le plus élevé parmi les 13 pays étudiés. L’enquête souligne que certains employés ont encore peur de faire part de leurs préoccupations.  Il est donc important que les entreprises fassent des efforts pour promouvoir une culture ouverte et inclusive, avec des canaux permettant aux employés de s’exprimer. Le développement d’un bon environnement d’écoute est judicieux pour les entreprises car il contribue à développer la confiance et l’engagement« , ajoute Simone DE COLLE.

Le rapport complet de l’IBE peut être téléchargé ici.

Les résultats de l’étude française sont disponibles ici.