Nouveau projet de recherche MALYNES : Migration et offre de main d’œuvre en Europe

10 juin 2019

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Un nouveau projet de recherche, lancé au printemps 2019, a pour objectif de créer un cadre pour prédire les futurs effets de la migration sur l’offre de travail dans l’Union Européenne, notamment en analysant comment les facteurs culturels affectent les décisions de travail des migrants.

Ce projet est financé par l’Agence Nationale de la Recherche (ANR). L’équipe internationale de chercheurs*, menée par le professeur Simone Moriconi, économiste à l’IÉSEG, a souligné 3 tâches principales pour ce projet de 4 ans.

Dans un premier temps, les chercheurs effectueront une analyse de plusieurs scénarios politiques potentiels de migration en Europe. Ensuite, ils utiliseront des approches empiriques établies pour déterminer les valeurs et préférences culturelles les plus importantes (beaucoup d’elles liées aux comportements familiaux) au travers de différentes générations / cultures. L’objectif est d’étudier les facteurs qui déterminent les décisions prises par les migrants en ce qui concerne le marché du travail et de l’emploi. Enfin, ils développeront une théorie quantitative qui pourra être utilisée pour prédire l’impact de la migration sur l’offre de travail, qui sera basée sur un modèle intégrant des différences culturelles.

MORICONI Simone

Simone MORICONI

Professeur Moriconi explique, « Il est déjà bien établi que la migration augmente la diversité des compétences disponibles sur le marché de travail du pays de destination. Les échanges entre les migrants, et entre les migrants et les natifs d’un pays, sont des facteurs très importants en termes de décisions d’emploi que les migrants et les natifs prennent. Pour donner un exemple, les travailleurs immigrés qui sont moins éduqués prennent des emplois qui nécessitent un niveau de compétences relativement faible, i.e. dans les secteurs tels que le nettoyage, etc. Ceci permet aux natifs ayant des compétences similaires à avoir des emplois avec des compétences plus élevées en comparaison, et de profiter d’un salaire plus élevé. C’est un fait bien établi en littérature économique, qui n’est pas si difficile à vérifier dans la vie quotidienne.

« Ces interactions peuvent affecter les décisions des migrants liées à la famille (i.e. mariage, nombre d’enfants, etc.). Notre objectif est de comprendre complètement l’impact économique des différents facteurs culturels et de les intégrer dans un cadre économique afin d’aider des responsables politiques à déterminer comment la migration affectera le marché d’emploi et la sphère familiale ».

*MALYNES : “Migration And Labor supplY wheN culturE matterS*” est un programme de 4 ans financé par l’Agence nationale de la recherche (ANR). L’équipe de chercheurs est composé d’experts de l’IÉSEG School of Management, l’Ecole d’économie de Paris et l’Université Paris-Sorbonne, l’University of California Davis, l’University of Verona, le Max Planck Institute for Demographic Research et l’Université Catholique de Louvain.

Pour plus d’informations (en anglais) : https://www.anr-malynes.com/

* La migration et l’offre de travail quand la culture compte

IÉSEG