« Dix ans après, le Bachelor reste fidèle à son objectif initial : ouvrir les étudiants à l’international »
Programme généraliste, international et fortement professionnalisant, le Bachelor in International Business occupe aujourd’hui une place centrale dans l’offre de formation de l’IÉSEG. Pourtant, lors de son lancement en 2015, le Bachelor n’allait pas de soi dans le paysage français de l’enseignement supérieur.
Dix ans après, Hassan EL ASRAOUI, Directeur Académique du programme depuis sa création, revient sur les choix fondateurs, les grandes étapes de développement et l’évolution d’un Bachelor qui a su s’adapter aux transformations du monde académique et économique, tout en restant fidèle à son ADN international.
Hassan EL ASRAOUI, vous êtes directeur académique du Bachelor in International Business depuis sa création. Quand et comment est née l’idée de lancer un Bachelor à l’IÉSEG ?
Le Bachelor in International Business a été lancé officiellement en septembre 2015, mais la réflexion a commencé dès 2013. À cette époque, avec notamment Robert JOLIET, Directeur Académique des programmes, et d’autres collègues, nous avons mené une réflexion stratégique sur l’évolution du portefeuille de programmes de l’IÉSEG.
Nous disposions déjà du Programme Grande École, de Masters Spécialisés, mais il manquait un programme Bachelor en trois ans, en particulier pour répondre à une demande internationale croissante.
Pourquoi ce choix, alors que le Programme Grande École fonctionnait très bien ?
À l’époque, le Bachelor n’était pas encore une évidence en France. Le Programme Grande École rencontrait un fort succès, et nous aurions pu nous en contenter. Mais nous constations une demande très forte de la part des étudiants internationaux.
Dans de nombreux pays, notamment dans le monde anglo-saxon, le Bachelor est le format de référence. Les étudiants suivent un programme en trois ou quatre ans, entrent sur le marché du travail, puis complètent éventuellement leur parcours par un MBA. Dès 2013, nous observions une demande croissante venant d’Asie, d’Amérique du Sud et d’Europe du Sud.
C’est dans ce contexte que l’IÉSEG a fait le choix stratégique de créer un Bachelor, afin d’enrichir son offre post-bac et de répondre à ces attentes internationales.
Quel Bachelor avez-vous imaginé au départ ? Ressemblait-il au BIB d’aujourd’hui ?
Pas exactement. À l’origine, nous avions imaginé trois Bachelors distincts : un orienté marketing, un orienté banque – finance, et un Bachelor généraliste. Très rapidement, nous avons compris que le format le plus pertinent était celui d’un Bachelor généraliste, permettant d’intégrer ces différentes disciplines.
Cette logique structure toujours le programme aujourd’hui : des fondamentaux en première année, une spécialisation progressive en deuxième année, et un approfondissement en troisième année. Les profils marketing ou finance trouvent naturellement leur place dans ce cadre généraliste, qui offre à la fois solidité académique et flexibilité.
Comment s’est déroulée la toute première rentrée du Bachelor ?
Dès la première rentrée, le programme a attiré une quinzaine d’étudiants, tous internationaux. La promotion était particulièrement multiculturelle, avec des étudiants venant notamment d’Amérique du Nord, d’Asie et d’Afrique du Sud.
L’obtention du grade de licence visé par l’État en 2019 a marqué un tournant majeur. Elle a permis l’intégration du Bachelor sur Parcoursup, ouvrant le recrutement aux étudiants français tout en conservant les admissions internationales. Cette évolution n’a pas modifié l’ADN du programme : que nous enseignons le Marketing, la Logistique, la Finance, le Droit…, nous intégrons tout le temps la dimension internationale et interculturelle dans l’enseignement.
Quelle est la philosophie pédagogique du Bachelor in International Business ?
Le Bachelor in International Business est un programme généraliste et fortement professionnalisant, conférant le grade de licence.
Les étudiants acquièrent des compétences opérationnelles dans toutes les disciplines du management, tout en étant exposés très tôt au monde de l’entreprise. Les trois premiers semestres sont consacrés aux fondamentaux, puis les étudiants se spécialisent progressivement grâce aux électifs, aux stages et au mémoire de fin d’études.
Quelle place occupent les pédagogies actives et l’expérience en entreprise ?
Elles sont centrales. Le programme repose largement sur des pédagogies actives : études de cas, travaux de groupe, simulations et des Business Games réalisés en première, deuxième et troisième année.
Les stages jouent également un rôle structurant. Le semestre 6 est entièrement dédié à l’expérience en entreprise, avec un stage long, généralement de six mois. Les étudiants y réalisent leur projet de fin d’études, souvent construit autour d’une problématique réelle de l’entreprise, dans une logique proche du conseil.
Cet ancrage professionnel est renforcé par l’intervention régulière de professionnels issus du monde de l’entreprise, qui apportent un éclairage concret sur les métiers et les attentes du marché.
Comment le programme a-t-il évolué au fil des années ?
Le Bachelor a évolué en permanence pour rester en phase avec les transformations des métiers. De nouveaux contenus ont été intégrés, notamment autour du digital, du web design et de l’intelligence artificielle, afin de préparer les étudiants aux compétences attendues par les entreprises.
Les enjeux de RSE et d’éthique occupent également une place croissante, à travers des cours dédiés et une intégration transversale dans de nombreux enseignements. La diversité culturelle des promotions enrichit considérablement les échanges sur ces sujets.
Le développement des doubles et triples diplômes a également marqué une étape importante…
Oui, c’est un élément clé de l’enrichissement du Bachelor. Après les échanges académiques, nous avons souhaité aller plus loin en développant des doubles diplômes, puis des parcours Triple Bachelor.
Ces parcours permettent aux étudiants de suivre une partie de leur scolarité dans plusieurs pays, au sein d’universités partenaires, et d’obtenir jusqu’à trois diplômes en quatre ans. Ils constituent une expérience académique et humaine particulièrement structurante.
Au-delà de la mobilité, ces parcours enrichissent le Bachelor sur le plan pédagogique : les étudiants sont confrontés à d’autres approches de l’enseignement du management, à des méthodes différentes et à des environnements culturels variés. Cette exposition renforce leur capacité d’adaptation, leur maturité et leur employabilité à l’international.
Même si certains partenariats ont évolué au fil du temps, cette logique de parcours internationaux renforcés reste pleinement au cœur du projet du Bachelor.
Où en est aujourd’hui le Bachelor in International Business ?
Le Bachelor compte aujourd’hui environ 650 étudiants sur l’ensemble des trois années, avec près de 280 recrutements par an en première année. L’objectif est d’en faire un relais de croissance stratégique pour l’IÉSEG, tout en maintenant un haut niveau de sélectivité et d’exigence académique.
Que deviennent les diplômés du Bachelor ?
Le Bachelor a été conçu pour permettre une insertion professionnelle directe, tout en laissant une grande liberté de poursuite d’études. Aujourd’hui, les trajectoires sont diversifiées : nos diplômés peuvent ainsi choisir entre s’intégrer directement sur le marché du travail et poursuivre ses études, à l’IÉSEG, ailleurs en France ou même à l’international.
Le réseau des diplômés du Bachelor se structure progressivement et compte aujourd’hui environ 350 alumni.
Pour conclure, quel regard portez-vous sur ces dix années ?
Ce qui m’a le plus marqué, c’est la confiance accordée par la Direction. Nous disposons d’une réelle liberté pour faire évoluer le programme, à condition que cela serve l’intérêt des étudiants et de l’École. Nous sommes également aidés par la Commission Académique de l’école, qui est d’un précieux conseil dans nos orientations stratégiques.
Cette agilité est essentielle. C’est ce qui permet au Bachelor in International Business de continuer à se transformer, dix ans après sa création, tout en restant fidèle à son objectif initial : ouvrir les étudiants à l’international.