Apprendre le conseil par la pratique : “Consulting Skills”, un cours pour former les consultants de demain
« L’objectif, c’est de mettre les étudiants le plus possible en situation réelle pour qu’ils acquièrent rapidement les bons réflexes ». David MONTENS enseigne le cours “Consulting Skills” au sein du cycle Master du Programme Grande École, et il traduit cette philosophie pédagogique par une collaboration étroite avec les acteurs du secteur du conseil pour préparer ses étudiants à toutes les situations.
S’armer pour la réalité métier
David MONTENS, professeur de Stratégie et Développement Durable à l’IÉSEG, a conçu le cours de “Consulting Skills” avec pour vision de dépasser l’approche académique traditionnelle pour ancrer l’apprentissage dans la pratique. Ainsi, quatre sessions de cours sont dédiées à des interventions d’entreprises partenaires.
« Le plus important à développer aujourd’hui pour de futurs consultants, ce sont les ‘soft skills’, et cela est d’autant plus vrai à l’ère de l’IA. L’accent est réellement mis sur le développement des relations interpersonnelles avec les clients : c’est une compétence clé dans le secteur », souligne-t-il. Dans un monde où l’intelligence artificielle peut traiter les données, la capacité à développer des relations et s’adapter à son interlocuteur fait toute la différence.
“Consulting Skills” : un cours pour s’ouvrir sur la diversité du secteur
Pour initier ses étudiants à la diversité des carrières dans le conseil et leur offrir une vision concrète et globale du métier de consultant et de ses évolutions, David MONTENS a organisé une table ronde réunissant des consultants de différents niveaux d’expérience – juniors, intermédiaires et seniors – issus de cabinets de tailles variées et spécialisés dans des secteurs très différents (banque/finance, développement durable, luxe, accompagnement au changement…). Cette année, Julhiet Sterwen, Square Management, Arthur D. Little et CGI ont ainsi été accueillis à cette occasion.
Cette variété de profils a permis d’illustrer les trajectoires de carrière possibles dans le conseil, les contextes de travail associés et les étapes clés de l’évolution professionnelle. Les échanges ont également porté sur les compétences à développer pour intégrer le secteur et progresser dans les différents grades, ainsi que sur les principaux défis du métier, notamment en matière d’équilibre entre vie professionnelle et vie personnelle.
« Souvent, nos étudiants ont en tête les Big Four (KPMG, EY, Deloitte, PwC) ou des firmes prestigieuses telles que McKinsey, BCG et Bain, mais en réalité, il existe énormément de cabinets spécialisés (également à taille plus humaine) dans des secteurs d’activité ou dans des missions spécifiques, dans lesquels le métier peut être complètement différent et tout aussi intéressant. Le but est d’élargir leurs perspectives et permettre à chacun de trouver sa voie. Je veux vraiment qu’ils prennent connaissance de l’entièreté du paysage du conseil », explique David.
Appréhender l’IA comme révélateur de valeur ajoutée
Pour compléter les enseignements de la table ronde, deux consultants de BearingPoint Luxembourg sont intervenus dans le cours “Consulting Skills” afin d’aborder l’impact de l’intelligence artificielle sur le métier de consultant et la transformation du secteur. Leur intervention a mis en lumière le rôle de l’IA comme levier d’augmentation des compétences plutôt que comme outil de substitution.
« Si l’IA permet d’améliorer l’efficacité opérationnelle et d’automatiser certaines tâches, notamment liées au traitement des données, elle ne remet pas en cause la valeur du consultant. Elle contribue, au contraire, à libérer du temps pour des activités à plus forte valeur ajoutée, en particulier la relation client et l’accompagnement stratégique. L’IA est avant tout un outil au service de l’expertise humaine », explique David.
Les intervenants ont également souligné le fait que cette évolution redéfinit les attentes à l’égard des profils juniors et pose des enjeux éthiques majeurs quant à l’utilisation responsable de l’IA dans les pratiques du conseil.
Se mettre en situation réelle pour se préparer aux réalités du métier
Dans la continuité du cours, les cabinets Colombus Consulting, HR Path, DXC et KPMG sont intervenus auprès des étudiants pour les préparer aux entretiens d’embauche, en leur présentant plusieurs études de cas.
« Ce type d’exercice constitue une étape clé dans un processus de recrutement classique dans le domaine du conseil. C’est souvent en deuxième étape, après avoir rencontré le responsable des ressources humaines de l’entreprise, qu’une étude de cas est présentée au candidat », détaille David. Les étudiants ont ainsi travaillé sur des cas clients qui avaient été traités par les cabinets auparavant, afin de se confronter aux exigences concrètes des entretiens mais aussi du quotidien d’un consultant et des situations réelles d’interactions avec les clients.
L’objectif visait à évaluer la manière d’aborder et de structurer le raisonnement plutôt que la pertinence du contenu : reformulation des questions, prise de notes, compréhension des enjeux, structuration de l’analyse et clarté de la restitution orale. Les intervenants ont apporté un retour détaillé sur les bonnes pratiques attendues en situation d’entretien, permettant aux étudiants de mieux appréhender les attentes des recruteurs et d’acquérir les réflexes essentiels pour réussir ce type d’exercice.
« Je veux qu’ils acquièrent des automatismes qui leur seront utiles pour leurs futurs entretiens. Par exemple, avoir le réflexe de prendre des notes pour ne pas faire répéter un client trois fois… Cela peut sembler basique, mais ça fait toute la différence pendant un entretien ».
Apprendre à convaincre grâce à la simulation générée par IA
Enfin, Akor Consulting a proposé aux étudiants un dispositif pédagogique innovant fondé sur l’utilisation d’un avatar conversationnel. Cet outil immersif leur permettait de s’entraîner à des situations concrètes de négociation au travers d’une simulation proche des réalités terrain. Les étudiants endossaient le rôle de consultants missionnés par la direction d’une entreprise et devaient interagir avec un avatar incarnant un employé opérationnel, initialement réticent à l’intervention de consultants sur ses lignes de production.
L’exercice les amenait à développer et mettre en pratique des compétences clés telles que l’écoute active, la reformulation, la posture de conseil non directive et l’argumentation persuasive, afin de démontrer la valeur ajoutée de leur démarche sans susciter de résistance. Réalisées à plusieurs reprises, ces simulations offrent un retour immédiat et structuré, combinant auto-évaluation et analyse par l’intelligence artificielle, permettant aux étudiants de mesurer concrètement leurs progrès et de renforcer leurs compétences relationnelles et professionnelles.
« Les interactions que je fais avec les entreprises pour calibrer leur intervention me nourrissent. Je discute avec eux de ce qu’ils recherchent chez un junior à recruter, des points sur lesquels les étudiants sortants d’écoles de commerce ne sont pas assez formés », confie-t-il. « Ces échanges me permettent d’adapter continuellement le contenu du cours aux attentes réelles du marché ».
Un cours complémentaire au cœur d’une formation globale
Le cours “Consulting Skills” s’ancre dans une logique pédagogique plus large. « C’est un cours généraliste complémentaire aux autres cours de la majeure Management Général et Conseil en Stratégie comme “Sustainability Consulting”, “Consulting Process” ou encore “Advanced Corporate Strategy” », précise David.
Aider les étudiants à faire les bons choix de carrière en leur donnant une vision large de l’industrie, et les préparer à être adaptables et opérationnels quel que soit le cabinet qu’ils intégreront, là est l’objectif principal du cours. « Les mises en situation que l’on fait en cours sont en fait des situations auxquelles ils seront confrontés dans six mois, un an, ou plus tard encore », conclut David MONTENS.