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[Histoire de Diplômé] Antoine TERMIGNON, au service de la France

« Honneur et Patrie, Valeur et Discipline » : la devise de la Gendarmerie Nationale trouve plus qu’un écho dans le parcours d’exception d’Antoine TERMIGNON (diplômé du Programme Grande École en 2021). Il l’incarne quotidiennement depuis sa découverte de l’exigence du monde militaire au lycée. Rencontre avec un homme de convictions, tourné vers les autres et son pays.

Antoine TERMIGNON, avez-vous baigné dans l’univers militaire au cours de votre enfance ?

Non, mais j’ai su assez tôt que je souhaitais y faire carrière. Pour confirmer mon projet et découvrir la réalité du terrain, j’ai suivi dès la première un Stage de Préparation Militaire Marine à Houilles, à raison d’un samedi sur deux. L’expérience a joué le rôle de déclic.

L’année du baccalauréat, j’ai été recruté comme réserviste opérationnel au sein de l’Armée de l’air. J’ai poursuivi cette mission pendant sept ans, notamment au cours de mes études à l’IÉSEG que j’avais choisie pour ne me fermer aucune porte. Son diplôme me permettait de viser un large panel de métiers ou de me réorienter si mon idée initiale n’aboutissait pas. L’École a pris très au sérieux mon engagement militaire en me laissant par exemple effectuer mon stage ouvrier comme réserviste. J’ai ainsi passé un total de 300 jours en mission tout au long de mes cinq années d’études.

Comment s’est déroulée la suite de votre cursus ?

Une fois diplômé, et toujours dans l’optique de ne pas m’enfermer dans un seul domaine, j’ai complété ma formation par deux années en géopolitique / sécurité / défense à l’Institut libre des relations internationales et des sciences politiques (ILERI). J’y ai effectué ma deuxième année en alternance à la Direction de la Coopération Internationale de Sécurité (DCIS) sous la direction d’un colonel de gendarmerie dont le parcours m’a beaucoup inspiré. La gendarmerie me paraissait être le meilleur compromis entre l’univers militaire, la proximité avec la population et la possibilité de me renouveler dans le civil si nécessaire. Il m’a poussé à suivre ses pas en passant le concours des Officiers de Gendarmerie (OG) et des Officiers du Corps Technique Administratif (OCTA) en parallèle de mon alternance et de mes cours. J’ai été marqué par le niveau attendu particulièrement élevé, notamment pour les épreuves sportives.

J’ai été reçu et j’ai intégré l’École des Officiers de la Gendarmerie Nationale (EOGN) pour une formation de deux ans. Une première année pour apprendre à devenir un chef de guerre : je retiens notamment le stage parachutiste et le stage commando pour tester ses capacités de résistance en milieu extrême (sac de 45 kilos, manque de sommeil, etc.). Une seconde année axée sur les enseignements pour se former aux aspects techniques de notre futur métier. J’en suis sorti diplômé le 30 juin dernier, quelques mois après avoir été promu au grade de Lieutenant (août 2024).

Où avez-vous été affecté une fois diplômé ?

Depuis le 1er août, j’ai l’honneur de commander le Groupe de Soutien et Ressources Humaines du Groupement de Gendarmerie Départementale de la Loire. En quelques mots, le chef GSRH est l’officier en charge du soutien opérationnel pour l’ensemble des unités d’un groupement de gendarmerie, autrement dit un département.

J’ai ainsi la responsabilité de quatre services :
– le Service Administration du Personnel : la gestion administrative de l’ensemble des gendarmes du département (accompagnement, formation, mobilité, sanctions ou récompenses en fonction du comportement, etc.) ;
– le Service des Affaires Immobilières : l’entretien courant des 36 casernes du département (locaux techniques et logements), montage et suivi des opérations de rénovation/réhabilitation/cons-truction, suivi des charges, état des lieux, etc.) ;
– le Service Logistique Finance : le suivi comptable des matériels, acheminement, gestion des stocks et de la flotte de véhicules, mais aussi pilotage budgétaire ;
– le Service Réserve Jeunesse : l’administration des réservistes (recrutement, convocation et formation) et gestion des partenariats (cadets de la gendarmerie, SNU, lycées pro sécurité, etc.).

Comment parvenez-vous à gérer autant de périmètres différents ?

C’est tout le sel et l’intérêt de ma mission : il faut être capable de porter de multiples casquettes et de gérer autant les urgences que les sujets moyen et long-terme. C’est beaucoup de responsabilités en sortie d’école et j’ai la chance de pouvoir me reposer sur les militaires pour me dégager du temps à consacrer aux tâches plus techniques.

Parcours

Sous-officier de Réserve au sein de l’Armée de l’air de 2016 à 2023 et diplômé de l’IÉSEG en 2021, Antoine poursuit sa formation par deux années à l’ILERI.

En alternance à la DCIS, il rencontre un colonel de gendarmerie qui lui donne envie de suivre ses pas. Il intègre l’École des officiers de la Gendarmerie Nationale pour deux années exigeantes et intenses.

Promu au grade de lieutenant en août 2024 et diplômé en juin dernier, il est désormais Chef du Groupe Soutien et Ressources Humaines du Groupement de Gendarmerie Départementale de la Loire.

A quel point les événements contemporains et sociétaux influencent-ils votre quotidien ?

Mon premier réflexe le matin est de lire la presse car l’actualité a une incidence directe sur mon travail, qu’il s’agisse d’un changement de Premier ministre, de mouvements de contestation ou même de conflits internationaux comme l’Ukraine pour ne citer qu’elle. Contrairement à ce que l’on peut penser, la gendarmerie n’est pas si franco-française : nous prêtons main forte à nos collègues à l’étranger, tout comme nous avons reçu un renfort international lors de la crise des gilets jaunes.

Quel a été le rôle de la formation IÉSEG dans la construction de votre parcours ?

L’École m’a permis d’acquérir des bases solides, de me sentir plus serein sur une large palette de connaissances et je la remercie une nouvelle fois de m’avoir accompagné dans ma mission de réserviste. Cette expérience m’a quant à elle appris à m’organiser, à me structurer, à réagir rapidement face à une situation urgente, sans oublier l’excellente image de l’armée auprès du grand public.

Le mot « réserviste » sur mon CV m’a notamment ouvert des portes pour un stage chez EDF ou encore Thalès : 300 jours d’activité en sept ans sur mes week-ends et vacances démontrent une certaine motivation et opiniâtreté…

Quels objectifs vous êtes-vous fixés pour les années à venir ?

J’aimerais effectuer un passage en Outre-Mer pour une mission courte-durée ou une affectation et me spécialiser en logistique. J’ai eu la chance de faire un passage au Centre National des Opérations en Nouvelle-Calédonie et j’ai adoré l’expérience. Nous sommes contraints à la mobilité tous les trois ou quatre ans : nous soumettons nos souhaits et le gestionnaire fait son choix en fonction de ce qu’il pense être bon pour nous. Si nos envies et nos compétences sont compatibles avec le service, c’est bien ; sinon, il faut accepter la décision. Il y a une expression qui revient souvent chez nous : servir et ne pas se servir

Un conseil pour les étudiants de l’IÉSEG ?

Lorsqu’on rentre en école de commerce, on a souvent les idées arrêtées sur le type de poste ou d’entreprise que l’on souhaite viser. Les carrières en gendarmerie paraissent moins attractives et c’est à nous de poursuivre nos efforts en matière de communication. C’est d’ailleurs tout l’enjeu des forums auxquels je participe : montrer que l’on peut mener des missions exaltantes, bien loin de l’image d’austérité parfois accolée à nos professions.

À l’heure où beaucoup de gens se posent des questions sur ce qu’ils font, une carrière en gendarmerie ou une activité de réserviste peut répondre à cette quête de sens. Le sentiment d’appartenance, l’esprit de solidarité font également toute la différence dans les parcours que nous proposons.

Cet article a été rédigé par Luna Créations pour le magazine IÉS, le magazine de IÉSEG Network, l’association des diplômés de l’École.