Laure, Responsable RSE : « J’ai trouvé ma vocation sur les bancs de l’IÉSEG »
Diplômée du Programme Grande École de l’IÉSEG en 2020, Laure BARON est Responsable RSE chez Supermarché Match depuis plusieurs années. Pilotage de la stratégie environnementale, gestion de projets, mécénat, sensibilisation des collaborateurs ou encore veille réglementaire : Laure nous explique son métier qui couvre un large éventail de missions pour répondre aux enjeux de la transition écologique et sociale.
Comment êtes-vous devenue Responsable RSE ?
Je suis entrée chez Supermarché Match il y a 3 ans, en qualité de cheffe de projet RSE, et j’ai ensuite évolué au sein de l’entreprise en prenant la responsabilité du service en septembre 2024, en tant que Responsable RSE.
J’ai trouvé ma vocation sur les bancs de l’IÉSEG, quand j’étais en master. Je suivais un module sur la RSE en cours pour la première fois, je n’en avais jamais entendu parler les années précédentes. C’était un sujet jugé un peu niche à l’époque, voire utopique pour certains de mes camarades, mais passionnant pour moi. J’ai tout de suite voulu creuser un peu plus dans ce domaine.
J’ai donc réalisé un stage de fin d’études chez Decathlon en tant que cheffe de projet RSE junior. C’était un stage extraordinaire qui m’a confortée dans cette orientation. Les années ont passé, j’ai parfois dû m’éloigner du domaine de la RSE, mais c’est toujours resté une vocation.
En quoi consistent vos missions et responsabilités ?
Pour faire simple, mon métier de responsable RSE consiste à développer et animer la stratégie RSE de l’entreprise. Mes missions sont très variées. Il y a un volet de pilotage de la politique solidarité, aussi bien à l’échelle locale des magasins, qu’à l’échelle nationale. Je suis notamment en lien avec les associations pour lancer des opérations d’arrondis en caisse ou de produits partage, organiser des collectes alimentaires, et accompagner le mécénat en magasin.
Je m’occupe également du pilotage de la stratégie environnementale. Il s’agit de faire beaucoup de suivi d’indicateurs extra-financiers et de coordination de projets visant à améliorer les performances de l’entreprise. Ça peut aller du calcul du bilan carbone avec un prestataire à la création d’un réseau d’ambassadeurs, en passant par la mise en place de la consigne pour réemploi en magasin … C’est très vaste.
Il y a également tout un volet de veille réglementaire en matière de durabilité, et un volet communication pour sensibiliser les parties prenantes internes et externes. Sans oublier l’élaboration du rapport annuel de développement durable, qui est un support structurant pour Supermarché Match.
A quoi ressemble une semaine type ?
Aucune semaine ne se ressemble vraiment. J’alterne entre des réunions routinières (réunions d’équipe, comités de pilotage de projet, etc.) et des réunions plus ponctuelles : des rendez-vous en externe avec une association, une mairie, un réseau d’entreprises, ou des visites magasins. Le périmètre est large : 115 magasins. Je ne peux malheureusement pas m’y rendre aussi souvent que je le voudrais, mais c’est important de le faire pour mieux appréhender les enjeux locaux.
Quels sont les principaux enjeux et défis de votre métier ?
Le principal enjeu est de réussir à décentraliser la fonction RSE pour qu’elle soit pleinement intégrée dans les fiches de poste opérationnelles, à tous les niveaux de l’entreprise. Il faut que les métiers s’approprient pleinement le sujet. J’irai même jusqu’à dire qu’à terme, mon poste n’a pas vocation à perdurer… puisque le but ultime est que chacun intègre pleinement ces enjeux dans son poste.
Ensuite, nous faisons face à un cadre réglementaire qui est très mouvant en ce moment et donc complexe à anticiper.
Le troisième enjeu, c’est de toujours revenir au ROI, à l’aspect budgétaire, et de prouver que nos actions RSE sont corrélées à la stratégie de l’entreprise.
Quelles sont les qualités essentielles pour réussir dans ce métier ?
Etre un véritable couteau suisse. Il faut avoir à la fois une vision, une projection pour embarquer les équipes sur des stratégies et des plans d’action annuels. Il faut aussi avoir des compétences organisationnelles et relationnelles, car nous sommes en interaction constante avec quasiment tous les métiers de l’entreprise.
Il est essentiel, par contre, de trouver un équilibre entre engagement et prise de recul. C’est un métier passion où l’on peut donner beaucoup de sa personne, et si l’on ne prend pas suffisamment de recul, il peut être compliqué de dissocier sa personne du poste. J’en vois beaucoup, dans mon secteur, qui bifurquent parce qu’ils ont tellement donné qu’ils se sont épuisés. Prendre du recul, être patient, ne pas prendre les choses personnellement, c’est la clé.
Quels aspects de votre métier vous plaisent particulièrement ?
Le spectre de missions est très large et varié, on ne s’ennuie jamais. Je peux travailler sur des sujets de consigne en magasin, d’anti-gaspillage, de reporting extra-financier… C’est vaste et riche. J’ai aussi une réelle autonomie sur les sujets que je traite, et cela me plaît beaucoup.
Au-delà de ça, c’est surtout le sentiment de contribuer, à mon humble échelle, à une société meilleure. Je tire une grande satisfaction de faire monter en compétences les collaborateurs sur ces sujets en créant des modules de formation, en mettant en place des Fresques du Climat, en les amenant à se questionner et à mettre en pratique certains automatismes dans leur métier.
Comment l’IÉSEG vous a aidée à vous préparer pour ce métier ?
Tout d’abord, l’IÉSEG m’a fait découvrir ce qu’était la RSE, c’était déjà un bon premier pas. Ensuite, la posture professionnelle que l’IÉSEG nous inculque est essentielle, que ce soit via les modules, les accompagnements, les opportunités de stage. Je le vois quand j’ai en entretien des étudiants de l’IÉSEG qui postulent pour de l’alternance : par rapport à d’autres écoles, je vois la différence. C’est une façon de raisonner, d’apporter une solution, pas juste relever un problème.
En master, nous travaillions énormément en mode projet avec d’autres camarades. C’est essentiel de savoir faire cela parce que 90 % de mon métier, c’est de la gestion de projet. Et les présentations aussi : prendre la parole à l’oral, convaincre des interlocuteurs à différents niveaux hiérarchiques, se poser en amont sur comment structurer et amener le sujet pour convaincre.