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Changement climatique : les recherches démontrent que les négociateurs adoptent les prédictions scientifiques de façon conservatrice

L’exposition aux prédictions scientifiques des modèles climatiques a moins d’effet sur les croyances des décideurs et des négociateurs sur le climat que sur un public informé, selon de nouvelles recherches. Cependant, la façon dont les informations scientifiques sont présentées peut également influencer leur adoption par les décideurs et négociateurs.

Ce sont les résultats des travaux menés par les chercheurs de  l’Université Bocconi,  la Fondazione Eni Enrico Mattei (FEEM),  l’Université de Princeton,  l’IÉSEG School of Management (LEM CNRS), l’Université Fordham et Politecnico di Milano, et qui sont publiés dans un nouvel article « COP21 Climate Negotiators’ Responses to Climate Model Forecasts« , ( par Valentina Bosetti, Elke Weber, Loïc Berger, David Budescu, Ning Liu, Massimo Tavoni, Nature Climate Change, doi: 10.1038/nclimate3208).

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Professeur Loïc BERGER

Le groupe de chercheurs, dont Loïc Berger de l’IÉSEG, a testé comment un échantillon de décideurs et de négociateurs à la conférence COP21 de Paris a actualisé leurs croyances vis à vis de la hausse des températures moyenne à l’horizon 2100, en réponse à une statistique résumant les prévisions des modèles climatiques.

Pour ce faire, le groupe de chercheurs leur a  présenté de l’information scientifique, sous la même forme que celle utilisée dans les rapports du Groupe d’experts intergouvernemental sur le changement climatique (GIEC).

Malgré avoir reçu toute l’ information scientifique pertinente disponible, les décideurs l’ont globalement adopté de façon très conservatrice, en lui attribuant moins de poids que leurs propres croyances antérieures. Cependant, ils se sont montrés davantage susceptibles d’adopter ces informations scientifiques lorsque les résultats individuels des modèles, en plus de la fourchette statistique, leur ont été présentés.

L’étude a ensuite été répétée avec une population d’étudiants européens en MBA. Ceux-ci ont rapporté des distributions de probabilité plus proches des prévisions fournies par les modèles, que les décideurs politiques.

Consultez la publication en ligne de l’article sur le site web du Nature Climate Change (en anglais).