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Dyane Paris : un cocktail… dans une œuvre d’art

Étudiante en cycle master du Programme Grande École à l’IÉSEG, Elisa EVRARD ORDONEZ a lancé en mars 2026, Dyane Paris, une maison de cocktails premium qui propose aux établissements de luxe, un cocktail prêt-à-déguster dans une œuvre d’art en porcelaine, fabriquée en France. Entre production artisanale, stratégie commerciale, emploi du temps de cheffe d’entreprise, et cours à l’IÉSEG, Elisa nous raconte son aventure.

Dyane Paris
Crédit photo : Dyane Paris

Peux-tu nous présenter Dyane Paris et où en est le projet aujourd’hui ?

Dyane Paris, c’est une maison de cocktails premium qui propose des prémix ultra-luxe, conditionnés dans… des œuvres d’art ! Il s’agit, en effet, de bouteilles décoratives en porcelaine, en forme de statuettes, peintes à la main, et de fabrication 100% française.

L’idée est d’offrir aux bars, hôtels et restaurants de luxe, une alternative qualitative aux prémix classiques, qui sont parfois mal perçus, à tort, par les clients. Notre bouteille en porcelaine devient un objet de décoration que l’on peut fièrement poser sur le comptoir, sans la crainte du préjugé qui colle souvent à ce type de format. Chaque recette est élaborée avec des ingrédients nobles, sourcés en circuit court, et infusée en fût de chêne. On est vraiment sur du cocktail d’exception, à 28°, pensé pour le segment ultra-luxe.

Nous avons officiellement ouvert la maison le 8 mars 2026. Nous sommes donc en pleine phase de lancement, avec une présence digitale que l’on vient d’activer : réseaux sociaux, site web. De mars à septembre, l’objectif est d’aller chercher de la visibilité : des partenariats, du référencement dans des groupes hôteliers, de l’acquisition client.

Concrètement, comment est fabriqué le produit ?

Nous produisons nos flacons dans le Vaucluse, près d’Avignon. Nous travaillons avec un atelier qui fabrique les bouteilles à partir de moules, et les peint à la main. La distillerie, elle, se trouve à 500 mètres, ce qui nous permet de travailler en circuit très court.  

Pour les recettes, je collabore avec Julien DUCRUET, un distillateur exceptionnel. On lui soumet une inspiration, par exemple un Moscow Mule, et il recrée la recette avec des ingrédients nobles et français, en allant chercher directement des agriculteurs locaux. La base de nos cocktails est un alcool vinique, produit à partir de raisin issu de vignes autour de Bordeaux, distillé en alambic pour obtenir une base neutre et premium. Ensuite, on infuse cet alcool en fûts de chêne pendant plusieurs jours, voire plusieurs semaines, avec l’ingrédient star du cocktail. Sur notre Pornstar Martini, c’est la vanille ; sur notre Basilic Smash, c’est le basilic. On choisit toujours un ingrédient qui est le cœur de la recette. 

Dyane Paris
Crédit photo : Dyane Paris

Quel est le processus d’élaboration et de validation des recettes ? 

C’est un processus très long ! D’abord, la recette doit plaire au producteur, puis je la valide de mon côté. Ensuite, on fait toujours tester un échantillon d’environ 50 personnes du réseau de Julien, dans la région d’Avignon. Si on obtient 47 oui sur 50, on valide. Si on est en-dessous de 45, on repart en développement. Nos deux premières recettes, à 28° d’alcool, nous ont pris six mois de travail, d’allers-retours, de tests… J’en ai profité pour mener une étude de marché en parallèle, en allant voir des hôteliers et des chefs de bar pour recueillir leurs retours.

Quel lien fais-tu entre ton projet et ton cursus à l’IÉSEG ?

Je suis en Master Négociation, donc notamment toute la partie ventes, techniques de négociation, etc. C’est hyper intéressant de voir comment la théorie s’applique concrètement au quotidien dans le business. Quand on va voir les hôtels, les restaurants, on applique vraiment tout ça. Pour moi, l’IÉSEG c’est une base solide qu’il faut venir compléter par l’expérience terrain. Valider une matière c’est bien, mais si tu ne l’appliques pas, ça tombe dans l’oubli. On a aussi des professeurs avec des parcours incroyables, quand tu vas les voir, tu réalises que c’est une vraie mine de savoir.

L’IÉSEG met aussi beaucoup de moyens sur l’accompagnement des entrepreneurs. Il y a l’incubateur, des coachs très bienveillants, des mises en relation, et même des cours où des équipes d’étudiants travaillent sur ton projet pour te proposer des idées marketing. Quand tu as la tête dans le guidon, c’est précieux d’avoir ce regard extérieur. Et le statut d’étudiant entrepreneur me donne une vraie flexibilité sur l’emploi du temps, avec des professeurs compréhensifs. 

À quoi ressemble une journée type pour toi en ce moment ?

Dyane Paris
Crédit photo : Dyane Paris

Réveil vers 6h30-7h. Je commence toujours par passer à l’atelier pour faire le point sur la production : où on en est sur les recettes, sur la création des bouteilles en porcelaine. C’est essentiel pour pouvoir répondre aux clients sur les délais de livraison. Ensuite, c’est beaucoup de mails, de prospection, de networking : vernissages, soirées, événements où on va se présenter et rencontrer du monde. Et il y a toujours au moins un rendez-vous de dégustation dans un hôtel ou un restaurant, qui est un bon moyen pour aller chercher de nouveaux clients.  

Un conseil pour un étudiant ou une étudiante qui voudrait se lancer dans l’entrepreneuriat ?

Prendre le temps de vraiment réfléchir en amont si le jeu en vaut la chandelle. L’entrepreneuriat va changer ta vie : ta façon de dormir, tes relations, ton quotidien. Si tu n’es pas prêt à mettre ta vie “en stand-by” pendant plusieurs années, mieux vaut ne pas se lancer à moitié. Parce que faire les choses à moitié, ça ne marche pas. Il faut analyser les conséquences, sur le plan familial, amical, amoureux, et y aller à fond une fois qu’on est convaincu. Et puis, comme on dit : le mieux est l’ennemi du bien. À un moment, il faut se lancer même si le produit ou l’idée n’est pas parfait(e) !