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[Faculty in the Spotlight] Laurie Ann UNDERWOOD, professeure de marketing

À l’IÉSEG, les professeurs inspirent, challengent et accompagnent des centaines d’étudiants chaque année. Chaque mois, nous rencontrons un membre du corps professoral pour découvrir son parcours, sa vision, sa philosophie d’enseignement et ce qui le motive profondément. Ce mois-ci, nous avons rencontré Laurie Ann UNDERWOOD, qui enseigne le marketing sur le campus de Paris depuis 2022.

Laurie Ann, pouvez-vous nous parler de votre parcours ?

Je suis américaine, originaire d’Alaska, mais j’ai rejoint l’IÉSEG après avoir passé 20 ans à Shanghai, en Chine. J’ai obtenu mon MBA en Chine, puis mon doctorat en France, à Grenoble École de Management. Cette année marque ma quatrième année d’enseignement à l’IÉSEG.

Je n’avais jamais travaillé ni vécu en Europe avant d’arriver ici il y a quatre ans, donc tout était nouveau pour moi : l’Europe, la France, l’IÉSEG. Cela a été un énorme changement !

Avant d’enseigner, j’ai passé toute ma carrière dans le monde de l’entreprise. Mon dernier poste, que j’ai occupé pendant cinq ans, était Directrice de la communication pour la zone Asie-Pacifique chez Air Liquide, basé à Shanghai. Je couvrais une région allant du Japon jusqu’à la Nouvelle-Zélande, incluant l’Asie du Sud-Est et la Chine. Ce fut une excellente expérience de terrain en communication interculturelle et en marketing international, qui sont exactement les deux sujets que j’enseigne aujourd’hui à l’IÉSEG.

Pourquoi avez-vous quitté le monde de l’entreprise pour l’enseignement ?

J’ai vraiment aimé mon expérience en entreprise, mais à un moment donné, j’avais déjà acquis beaucoup d’expérience professionnelle et je voulais donner en retour en partageant ce que j’avais appris. Le monde académique me manquait aussi. Dans le monde académique, il est plus facile de voir l’impact direct de son travail sur les personnes, car on observe les progrès des étudiants étape par étape. J’aime travailler avec les étudiants.

J’ai enseigné en tant que professeure vacataire dans huit écoles de commerce différentes en Chine avant de venir en France. Enseigner en école de commerce est très intéressant car cela permet aussi de rester en contact direct avec des cadres et dirigeants. Je reste également en lien avec mes anciens collègues. Mes connexions avec le monde de l’entreprise m’aident à garder mes contenus pertinents pour les étudiants de l’IÉSEG.

Qu’est-ce qui vous a le plus marquée en entrant pour la première fois dans une salle de classe en France ?

La dynamique de classe est différente. Les étudiants chinois sont extrêmement polis et très sensibles à la hiérarchie. Les étudiants français ont clairement une vision plus horizontale de la relation professeur-étudiant. En tant qu’Américaine, je n’ai pas eu de mal à m’adapter, mais au début, cela m’a surprise.

En Chine, j’étais très bienveillante et encourageante pour inciter les étudiants à prendre la parole. Lorsque j’ai fait la même chose avec des étudiants français, ils l’ont mal interprété… ils pensaient que cela signifiait qu’ils pouvaient bavarder en classe sans écouter le cours… J’ai donc dû adapter ma manière de formuler les choses. Aujourd’hui, cela fonctionne très bien !

Quels cours enseignez-vous à l’IÉSEG ?

J’enseigne à tous les niveaux : bachelor, master et executive, et dans différents programmes : Programme Grande Ecole, Bachelor in International Business, apprentissage. Tous mes cours sont liés au marketing et à la communication, mais ils évoluent du niveau fondamental au plus avancé et plus international.

Pour les étudiants de bachelor, j’enseigne Global Brand Management, Marketing Management et The Art and Science of Marketing. Pour les étudiants de master, j’enseigne Integrated Marketing Communications et International Marketing Communications. Pour les cadres, j’enseigne Strategic International Marketing. Je participe également à l’Open Innovation Marketing Hackathon de l’IÉSEG pour les étudiants en apprentissage.

Le cours The Art and Science of Marketing est un cours fondamental pour les étudiants de bachelor. La plupart n’ont pas de formation en marketing et peuvent avoir des idées reçues. Mon objectif est donc de transformer leur perception et de leur faire comprendre le potentiel positif du marketing.

Dans le cours de Strategic International Marketing pour les executives, je donne les bases de la communication interculturelle afin qu’ils puissent utiliser les modèles et théories dans leur carrière. J’explique que le marketing ne concerne pas seulement les produits, mais aussi soi-même. Je rends le cours très personnel et pratique. Nous travaillons aussi sur des études de cas montrant des succès ou des échecs lors d’expansions internationales.

Pouvez-vous nous expliquer votre approche pédagogique ?

Un élément central dans tous mes cours, quel que soit le niveau, est l’importance des compétences en termes de présentation. Il est clair que l’IA a eu un impact sur de nombreux métiers du marketing, mais les compétences de présentation restent profondément humaines et durables.

Dans mon expérience en entreprise, j’ai constaté que ceux qui savent présenter leurs idées de manière claire et convaincante en peu de temps font progresser leur carrière plus rapidement que les autres. J’encourage donc mes étudiants à présenter presque tous les jours, même brièvement, pour dépasser la peur de la prise de parole. J’intègre aussi mon expérience de conférence TEDx dans mes cours.

J’ai également une règle d’or : j’essaye de ne pas parler plus de 20 minutes sans donner aux étudiants une activité basée sur ce qu’ils viennent d’apprendre. Cela peut être une discussion, un jeu de rôle, un débat ou une mini-présentation. Cela permet de mieux assimiler les connaissances et rend le cours plus vivant. Apprendre doit être agréable !

J’utilise autant que possible mon réseau pour enrichir les cours avec des expériences concrètes. Par exemple, pour le Hackathon, j’ai fait intervenir la marque canadienne de vêtements techniques Nobis, que je connais grâce à mon expérience en Chine. Nobis propose également un challenge aux étudiants de mon cours de communication marketing internationale. J’ai aussi rédigé une étude de cas sur Oatly en Chine, que j’utilise aujourd’hui en cours. Et dans le cours The Art and Science of Marketing, nous avons eu un challenge étudiant avec Haribo. J’essaie vraiment de rendre mes cours aussi concrets que possible grâce à mon réseau.

Comment accompagnez-vous les étudiants dans leur apprentissage ?

Je suis une grande adepte de la psychologie positive, que j’intègre aussi dans mes cours. J’essaye d’aider mes étudiants à adopter le bon état d’esprit pour apprendre. Avant de commencer le cours, je leur propose toujours un petit moment pour se mettre dans de bonnes conditions, comme un moment de yoga ou de Tai Chi ! Tout le monde n’aime pas forcément le yoga ou le Tai Chi… mais la plupart comprennent que cela aide à clarifier l’esprit avant le cours, car ils ont souvent mille choses en tête.

L’autre point sur lequel je suis devenue très ferme est l’interdiction des téléphones et des ordinateurs en classe. Les recherches, et ma propre expérience, montrent que les ordinateurs sont une source de distraction importante. J’ai donc instauré des cours sans ordinateur, et de nombreux étudiants m’ont dit qu’ils apprennent mieux ainsi.

Enfin, j’accompagne des étudiants en master dans leur mémoire de fin d’études. Je suis très fière à chaque soutenance. C’est un processus long et exigeant pour chaque étudiant, et il y a toujours un moment où j’interviens comme coach pour les rassurer. Tous mes étudiants ont finalement réussi, ce qui est très gratifiant.