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[Faculty in the Spotlight] Maud VAN DEN BROEKE, professeure de Management des Opérations

À l’IÉSEG, les professeurs inspirent, challengent et accompagnent des centaines d’étudiants chaque année. Chaque mois, nous rencontrons un membre du corps professoral pour découvrir son parcours, sa vision, sa philosophie d’enseignement et ce qui le motive profondément. Ce mois-ci, nous avons rencontré Maud VAN DEN BROEKE, qui enseigne le management des opérations sur le campus de Lille depuis 2016.

Je suis née en Belgique, à Courtrai, non loin de Lille. J’ai étudié l’ingénierie commerciale à la KU Leuven, où je me suis spécialisée en gestion de la production et de la supply chain. Cela explique sans doute pourquoi je fais aujourd’hui partie du département de Management des Opérations à IÉSEG !

J’ai ensuite obtenu un deuxième master en Management Général à la Vlerick Business School, où je suis restée en tant qu’assistante de recherche, puis doctorante. J’ai réalisé mon doctorat en collaboration avec Barco, une technologique internationale cotée en bourse, spécialisée dans les technologies de visualisation et de réseau pour les secteurs de la santé, des entreprises et du divertissement. Enfin, en 2016, juste après mon doctorat, j’ai eu l’opportunité de rejoindre IÉSEG.

Ma spécialité est le management de la production et des opérations, et plus particulièrement la manière dont il s’articule avec la conception des produits et la recherche et développement (R&D). Cela a toujours été une véritable passion pour moi. Je trouve que c’est fascinant : comment fabrique-t-on les produits ? Comment peut-on produire efficacement un grand nombre de produits différents ? C’était également le sujet de mon doctorat.

Dans mes recherches et enseignements, je me penche aujourd’hui davantage sur la manière dont le Management des Opérations est impacté par de nouveaux enjeux, comme la digitalisation, l’interaction entre l’humain et la machine, le développement durable, les chaînes logistiques en boucle fermée (closed-loop supply chains) ou encore « l’avenir du travail » en m’intéressant notamment à la place croissante accordée au bien-être des salariés dans le domaine des Opérations. Nous travaillons également sur la résilience : comment faire face à l’incertitude dans la Supply Chain ?

Je n’ai jamais eu de plan de carrière prédéfini, mais ce métier réunissait tous les ingrédients pour me plaire. Lorsque j’étais étudiante, j’avais l’habitude de réviser à voix haute, en expliquant les choses comme si j’avais un public devant moi. J’aime également beaucoup la recherche, l’apprentissage tout au long de la vie, et la collaboration avec les entreprises pour contribuer à améliorer les choses de manière rigoureuse. Et puis, être entourée de jeunes… j’espère que cela me permettra aussi de rester jeune moi-même !

Un bon professeur doit à la fois maîtriser son sujet, mais aussi avoir la capacité de discuter avec les étudiants et de susciter leur intérêt. L’échange joue un rôle essentiel dans ce métier. Bien sûr, il y a des journées difficiles, mais lorsqu’un cours se passe bien, cela donne vraiment de l’énergie, même lorsqu’on enseigne dès 8 heures du matin !

Depuis mon arrivée à l’IÉSEG, j’enseigne principalement le cours Introduction to Operations Management, en deuxième année. Je l’enseigne dans le Programme Grande École, le Bachelor in International Business et le parcours Entrepreneuriat. Le contenu peut légèrement varier en fonction du nombre de séances, mais l’objectif général est d’initier les étudiants aux fondamentaux du Management des Opérations. Je suis généralement l’une des premières professeures qu’ils rencontrent qui leur parle de ce sujet.

Je commence toujours le cours en leur demandant s’ils savent ce qu’est le Management des Opérations, et la réponse est généralement non. Je leur présente donc de nombreux sujets différents liés à ce domaine, simplement pour éveiller leur curiosité et leur donner envie d’en savoir plus.

J’essaye de montrer aux étudiants que le Management des Opérations est de plus en plus pertinent de nos jours. Nous y sommes constamment confrontés dans notre vie quotidienne. Par exemple, si je suis dans une file d’attente en magasin, je vais réfléchir à la manière dont cela pourrait être amélioré. Si un produit est en rupture de stock, je vais me demander comment les stocks ont été gérés. Si une commande passée en ligne arrive dès le lendemain, je vais me demander comment cela a été rendu possible.

Le Management des Opérations est un domaine très vaste : nous abordons la manière d’améliorer la productivité, de décider où implanter une infrastructure, de gérer les goulots d’étranglement, de déterminer le niveau de stock à conserver, ou encore de renforcer la résilience et la durabilité.

J’alterne différentes méthodes (explications de concepts, exercices, discussions, jeux, études de cas, présentations) afin d’éviter la monotonie pour les étudiants. J’utilise souvent l’apprentissage par la pratique. Ils ont un exercice et doivent trouver eux-mêmes comment le résoudre, ce qui les implique davantage que si je me contentais de leur expliquer le sujet. J’ai développé le Competitive Car Production Game avec ma collègue Tanja MLINAR, et j’utilise également le Beer Distribution Game, un jeu très connu dans le domaine du Management des Opérations. J’ai aussi créé mon propre jeu consacré à la localisation des infrastructures.

J’ai également beaucoup de discussions avec les étudiants et je leur donne des exemples tirés de situations réelles, comme celui de l’entreprise Adidas : pourquoi ont-ils déplacé leur production de la Chine vers l’Allemagne avant de revenir sur cette décision ? Cela suscite l’intérêt des étudiants et montre concrètement la pertinence des méthodes de Management des Opérations dans les contextes professionnels réels, rendant l’apprentissage plus vivant et plus engageant.

Les choses ont beaucoup changé en dix ans. La pandémie de COVID-19 a entraîné le développement de l’enseignement en ligne et, aujourd’hui, l’IA transforme considérablement les choses. Je pense que l’accent est désormais davantage mis sur l’interaction que sur la simple transmission d’informations. En tant que professeure, mon rôle s’oriente encore plus vers ces moments d’échange et de discussion, car les connaissances sont aujourd’hui accessibles partout. On pourrait se demander si notre rôle est voué à disparaître, mais je pense que dans une école comme l’IÉSEG, ce sont justement les aspects interactifs qui font la différence. J’essaye donc d’adapter encore plus mes cours dans cette optique : plus de discussions, plus d’exercices réalisés collectivement.

Sur certains aspects, nous revenons également à des approches plus traditionnelles, comme les examens sur papier. La manière dont les étudiants traitent l’information est aujourd’hui très différente.

Je n’ai pas peur d’intégrer l’IA en classe. Je leur dis même parfois pendant les discussions : « Vous pouvez chercher l’information », puis nous essayons d’analyser de manière critique ce que nous trouvons. Nous ne pouvons pas arrêter l’IA, alors autant l’adopter, tout en essayant de rendre les cours encore plus humains.

Ces valeurs se retrouvent dans chacun des sujets que j’aborde. Nos étudiants seront les managers de demain, ils devront donc être prêts à faire face au changement. Je pense que l’adaptation est aujourd’hui le nouvel avantage concurrentiel. Les jeunes sont particulièrement doués pour s’adapter. C’est donc une compétence qu’ils ne doivent pas perdre, surtout dans un environnement professionnel qui évolue de plus en plus rapidement.

Si je devais choisir une seule de ces valeurs, je dirais « l’engagement ». Pour moi, il s’agit de s’investir pleinement dans tout ce que l’on fait, pas seulement en cours, mais dans la vie en général. On ne fait vraiment bien les choses que lorsque l’on s’y engage pleinement. Cela vaut pour la carrière professionnelle, mais aussi pour les amitiés et pour tout le reste.

Il est très important pour moi que tout le monde comprenne, même si je dois réexpliquer les choses. Je veux que les étudiants quittent le cours en ayant le sentiment que leur présence en valait la peine. En dehors des cours, ils peuvent bien sûr poser des questions et je réexplique lorsque c’est nécessaire. J’essaye vraiment de créer un environnement dans lequel ils se sentent à l’aise pour poser des questions. La bienveillance joue un rôle important à cet égard : ils se sentent suffisamment en confiance pour dire « Je ne comprends pas ».

Lorsque cela arrive, les autres étudiants poursuivent leurs exercices pendant que je réexplique le sujet au groupe qui rencontre des difficultés. Je demande aussi parfois aux étudiants qui ont compris d’expliquer aux autres. Ils se retrouvent ainsi dans la position du professeur pendant quelques instants, et cela fonctionne bien.

Je pense que les meilleurs moments sont ces cours parfaits, difficiles à décrire : lorsque l’énergie est exactement la bonne, que tout le monde est impliqué, que les étudiants s’entraident et que l’on n’a plus vraiment l’impression d’être dans un cours.