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Forestime : la mode pratique pour l’estime de soi

Nous avons rencontré Caroline Forest, diplômée de l’IÉSEG en 1992 et fondatrice de ForESTIME, une marque de vêtements pratiques spécialement conçus pour les séniors. Découvrez cette entreprise et sa fondatrice via cet interview.

Caroline, pouvez-vous  nous présenter ForESTIME ?

ForESTIME est une marque de vêtements modernes et élégants, chics et pratiques, conçus pour les séniors, pour garder le plaisir de s’habiller à tout âge. La marque a vu le jour en décembre 2019. Les vêtements de la collection sont faciles à enfiler et à fermer grâce à un système d’aimants. Je conçois, pour chaque modèle, deux versions différentes : une première version sans boutons, fermée par des aimants, à destination des personnes en démarrage de perte d’autonomie ou qui ont tout simplement envie de s’habiller plus rapidement. Cela permet notamment aux personnes souffrant d’arthrose, d’arthrite ou même de problèmes de vision de pouvoir continuer à s’habiller en toute autonomie. La deuxième version du modèle vise à faciliter l’habillage d’une personne dépendante, par un aidant. Dans ce cas, la fermeture se trouve dans le dos afin d’éviter les manipulations douloureuses et de faciliter l’habillage pour l’aidant.

La particularité de ForESTIME tient à trois piliers :

– allier l’élégance et la praticité : l’élégance se fait par le choix de belles matières et de collections intemporelles, et la praticité par la fermeture aimantée qui permet de gagner beaucoup de temps.

– être une marque inclusive : ForESTIME n’exclut pas les séniors, au contraire : les vêtements ont été pensés avec et par eux et conçus sur une morphologie de sénior. Ils sont également présentés par des mannequins séniors, ce qui est rare.

– être Made in France : les pièces sont confectionnées dans un atelier d’insertion à Roubaix. Cet atelier aide les personnes éloignées de l’emploi à se remettre à l’emploi. Cela permet à ForESTIME d’avoir un vrai impact social et sociétal, ainsi qu’un impact positif pour l’environnement car nous limitons les émissions de CO2 liées au transport.

Comment avez-vous eu l’idée de lancer ce projet et pourquoi ?

J’ai été très marquée par la dernière étape de vie de mes grands-parents qui, en perdant une partie de leur autonomie, ont perdu une partie de leur dignité. Tout le monde est amené à vieillir un jour, et cela s’accompagnera notamment par une transformation de nos corps mais également par une perte de précision de nos gestes, jusqu’à peut-être même devenir dépendant.

La rencontre avec une directrice d’EHPAD a été décisive : elle m’a en effet fait part de la difficulté pour ses résidents et leurs familles de trouver des vêtements faciles à enfiler et élégants, tout ce qu’elles trouvaient à leur mettre étaient des vêtement vieillots, qui ne correspondaient pas à leur style. De mon point de vue, lorsque l’on voit ses parents ou grands-parents, on a envie qu’ils continuent à être comme ils étaient : élégants, habillés comme ils aimaient l’être, chacun avec leur style. J’ai décidé de mettre à profit mes compétences acquises pendant mes années dans le textile pour les séniors.

Mon envie d’entreprendre tient du fait que je souhaitais donner plus de sens à ma carrière. Après 25 ans d’expérience dans la distribution textile, je souhaitais sortir du monde de l’entreprise « politique » pour donner plus de sens et créer un projet qui touche des gens. J’avais également la volonté de me challenger car l’entrepreneuriat est un vrai challenge, et de continuer d’apprendre car évidemment, en entreprenant, on apprend tous les jours !

Pourquoi le nom « ForESTIME » ?

L’une des missions de la marque est de permettre de garder sa dignité et son estime de soi. D’où le nom« ForESTIME» (pour l’estime de soi).

Votre entreprise est incubée à l’IÉSEG depuis peu, qu’est-ce que cela vous apporte ?

J’en suis encore au tout début de la collaboration mais l’idée est de m’apporter de l’aide sur certains points, une vision et une prise de recul pour le développement de ForESTIME. Il s’agira aussi de m’aider à préparer une levée de fonds. L’Incubateur permet aussi de rencontrer d’autres entrepreneurs : on partage et on échange beaucoup, c’est une grande richesse.

Comment se porte ForESTIME aujourd’hui ?

Les débuts n’ont pas été simples car l’idée de base était d’aller dans les résidences services séniors et les EHPAD pour présenter directement aux séniors les modèles proposés et faire revenir le plaisir du shopping directement auprès de la personne. Malheureusement, cela n’a pas été possible avec le Covid pendant deux ans, ce qui a freiné le développement de l’entreprise. Les résidences ayant enfin réouvert,  je peux désormais partir à la rencontre de mes clients potentiels dans toute la France. Cela me permet de faire connaître la marque et d’être au contact direct des clients. D’autre part, nous vendons également nos produits sur le site internet : ici nous ciblons les séniors qui seraient digitaux mais également les familles d’aidants qui achètent pour leurs proches.

Aujourd’hui, nous avons des projets de développement, notamment le développement des produits : en élargissant la gamme pour femmes déjà existante et en complétant l’offre par une gamme “homme”, en commençant par les chemises. Au niveau du développement commercial, nous allons mettre en place un réseau d’animatrices de ventes en résidences dans toute la France afin de faire connaître la marque au plus large public possible.

Vos études à l’IÉSEG vous ont-elles aidée pour devenir entrepreneur aujourd’hui ?

L’IÉSEG propose un excellent socle généraliste, très complet : marketing, finance, comptabilité, audit… Lorsqu’on lance son projet entrepreneurial au départ, on se retrouve tout seul, il faut donc savoir agir dans tous les domaines. Je dirais que l’IÉSEG apporte donc de très bonnes bases pour se lancer. D’autre part, l’École, de par son enseignement, nous apprend à nous ouvrir aux autres, à être curieux et à nous adapter à différentes situations et environnements.

Auriez-vous un conseil pour un futur entrepreneur ?

Il faut avant tout s’ouvrir, rencontrer des gens, ne pas rester seul. Il faut donc parler de son projet, faire des entretiens réseaux et rejoindre des incubateurs comme celui de l’IÉSEG. Cela permet de rencontrer d’autres entrepreneurs, qui ne sont pas toujours au même stade de développement que nous et de partager nos expériences, c’est très important.