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Bataille de l’IA : un jeu de cartes pour penser autrement l’intelligence artificielle

Et si apprendre à décrypter l’intelligence artificielle pouvait tout simplement se faire autour d’un jeu de cartes ? À l’occasion de la semaine de rentrée, l’IÉSEG a fait appel à un outil pédagogique dédié pour traiter de sujets complexes autour de l’IA générative. Développé par les associations Latitudes et Data for Good, ce jeu de cartes collaboratif intitulé La Bataille de l’IA permet d’accompagner les étudiants dans leur relation avec ces technologies en pleine explosion. L’enjeu pédagogique n’est pas d’apprendre à utiliser les outils, mais de développer un esprit critique et une posture réfléchie face aux IA génératives. Une découverte pédagogique qui se veut à la fois ludique, collaborative et humaine. 

La Battle de l’IA se présente comme un dispositif structuré en trois parties distinctes, qui se déroule entièrement hors écran, favorisant les échanges entre les étudiants.

La première phase du jeu consiste en une frise chronologique permettant de replacer et de (ré)apprendre toutes les dates majeures de l’histoire du développement de l’intelligence artificielle – et de se souvenir à quel point les choses se sont accélérées.  

La seconde phase vient plonger les étudiants au cœur des enjeux éthiques et sociétaux de l’IA générative. Autour de cinq grands thèmes (la fiabilité de l’information, les biais dans les données, la créativité et les droits d’auteur, l’impact environnemental, et les conséquences sociales) les étudiants piochent des cartes-questions et en débattent en groupe. Chaque interrogation amène ainsi les étudiants à se questionner sur ces sujets, et peuvent s’appuyer, pour cela, sur le verso de la carte qui contient des faits vérifiés pour nourrir le débat. L’objectif étant de passer du « comment ça marche ? » au « qu’est-ce que ça implique ? », en travaillant son argumentation et l’écoute active.  

« Ce qui est passionnant, c’est la richesse des échanges. Chacun donne son point de vue, il n’y a ni bonne ni mauvaise réponse donc les étudiants n’ont pas peur de participer. Le but, c’est vraiment de débattre, d’argumenter, de développer l’écoute active et nous constatons que les étudiants se prêtent volontiers au jeu. Je dirais même qu’ils adorent l’exercice, » explique Sandrine DELCOURT, Ingénieure Pédagogique Multimodal au sein du Center for Educational and Technological Innovation (CETI) de l’IÉSEG. 

Enfin, la troisième et dernière partie de ce jeu éducatif introduit les scénarios prospectifs. Les étudiants incarnent des rôles (directeur d’école, parent d’élève, enseignant, élève, ou représentant d’entreprise) et doivent débattre de situations concrètes. Faut-il rédiger les livres scolaires avec l’IA ? Comment l’utiliser en entreprise sans nuire à l’innovation humaine ? Ces mises en situation permettent de sortir des généralités et de confronter des points de vue différents, dans un cadre bienveillant qui fait appel à l’imaginaire et au sens critique. 

« On les fait sortir de la sphère numérique afin qu’ils aient accès à cette prise de recul totale, notamment grâce à l’aspect « humain » du jeu justement : échanger, discuter, argumenter sur un sujet 100% numérique, mais sans le numérique », ajoute Sandrine DELCOURT. Le jeu favorise naturellement les soft skills : communication, empathie, esprit critique, tout en ancrant des connaissances solides sur un sujet très actuel et complexe.

Pour garantir la qualité de l’animation, les animatrices de cette mission à l’IÉSEG (Sandrine DELCOURT, Flore BENVENUTTI, Claire WEKSTEEN et Emilie BUISINE du CETI) a suivi une formation certifiante d’une durée de deux mois, dispensée en ligne. Cette préparation rigoureuse leur permet de guider les débats avec justesse, sans orienter les réponses, mais en ouvrant des pistes de réflexion. 

Au-delà de la maîtrise technique, l’objectif principal de la Bataille de l’IA est de former des citoyens éclairés, sans diaboliser l’IA, mais plutôt en enseignant comment l’appréhender avec lucidité : savoir quand l’utiliser, pourquoi, et surtout, quelles limites lui fixer. Comprendre qu’elle peut « halluciner », reproduire des biais, ou consommer une énergie considérable, c’est prendre le contrôle de son usage. 

« Dans un monde où l’IA s’immisce partout, l’enseignement supérieur a un rôle crucial à jouer au cœur de ces enjeux, et c’est précisément pour cela que nous mettons en place ce genre d’initiatives à l’IÉSEG, » conclut Sandrine DELCOURT.