L’éducation sexuelle à l’épreuve du digital : la thèse de Chloé BESSON remporte le Prix ICOR 2026
À travers le Prix ICOR, l’IÉSEG valorise chaque année des travaux de recherche étudiants qui éclairent les grandes transformations économiques, sociales et sociétales. L’édition 2026 ne fait pas exception, avec trois finalistes dont les mémoires témoignent d’un fort engagement et d’une réelle capacité d’analyse.
Ainsi, Océane PEPIN, encadrée par Marie REDON, a étudié l’impact de la CSRD sur la profession d’auditeur, tandis que Elodie BARTONE, accompagnée par Julie BAYLE-CORDIER, s’est penchée sur les perceptions du bien-être étudiant en école de commerce, en proposant un modèle intégratif.
Le Prix ICOR 2026 a été attribué à Chloé BESSON, encadrée par Joanna SERAPHIM, pour son mémoire intitulé : « En quoi la technologie impacte l’accès des jeunes adultes à une éducation en santé sexuelle et à la vie affective ? ».
Prix ICOR 2026
Plus qu’un travail de recherche, un engagement personnel
Réalisé dans le cadre d’un Master 2 en Entrepreneuriat, ce travail se distingue par son ancrage dans le réel. Étudiante et entrepreneure, Chloé BESSON est également la fondatrice de la start-up Let’sTalkAboutSex, qui vise à promouvoir l’éducation à la santé sexuelle et affective dans les milieux étudiants.
Son mémoire s’inscrit pleinement dans cette dynamique : Chloé vise ainsi à « mieux comprendre les problématiques auxquelles font face les jeunes aujourd’hui, et analyser les opportunités offertes par le marché actuel, en particulier dans le champ de l’innovation à impact ».
Elle y explore des questions essentielles d’inclusivité, d’égalité et d’accessibilité, tout en portant un regard lucide sur le rôle des technologies : « la technologie peut transformer l’accès à l’information, notamment pour des publics qui ne bénéficient pas toujours d’une éducation complète dans ce domaine ».
Le numérique, entre levier d’accès et nouvelles vulnérabilités
L’un des apports majeurs de la thèse de Chloé BESSON réside dans sa capacité à dépasser une vision purement optimiste de la technologie. Si les outils numériques ouvrent de nouvelles perspectives (en termes de confidentialité, d’accessibilité ou encore d’innovation), ils posent aussi des défis structurants.
Elle met ainsi en garde contre « la désinformation, le manque de protection des données personnelles et l’insuffisance d’une approche réellement inclusive ».
Son étude souligne également un point clé : la technologie ne peut être efficace que si elle s’inscrit en complément d’un accompagnement humain. Les professionnels et professionnelles de santé interrogés rappellent ainsi l’importance d’un cadre fiable, contextualisé et incarné.
Des enjeux de régulation devenus incontournables
Au-delà des usages, le mémoire interroge la responsabilité des plateformes numériques dans la diffusion des contenus liés à la santé sexuelle.
« Il est urgent de repenser la régulation des algorithmes de modération sur les réseaux sociaux », explique-t-elle, en soulignant un paradoxe marquant : des contenus éducatifs ou médicaux sont parfois censurés, tandis que d’autres, plus problématiques, continuent de circuler.
Dans ce contexte, elle appelle à « mieux protéger les victimes et empêcher la banalisation des violences, tout en facilitant l’accès à des informations éducatives fiables ».
Une démarche cohérente, jusque dans l’écriture
Ce travail se distingue également par une réflexion sur la forme. Chloé BESSON a fait le choix d’adopter l’écriture inclusive tout au long de son mémoire : « un choix conscient pour promouvoir une représentation équitable et juste, en phase avec les enjeux étudiés ».
Au-delà d’un parti pris linguistique, cette décision reflète un engagement plus large en faveur de l’égalité, du respect et de la diversité, en cohérence avec son projet entrepreneurial et les thématiques abordées.
Une recherche tournée vers l’impact
En cohérence avec les valeurs qu’elle défend, la lauréate a choisi de partager le montant de son prix entre deux organisations engagées : Life Project 4 Youth, qui accompagne des jeunes en situation de grande précarité vers l’insertion professionnelle grâce à des programmes de formation et de développement personnel, et ONU Femmes France, organisation mobilisée pour l’égalité entre les femmes et les hommes à travers des actions de plaidoyer, de sensibilisation et de terrain en faveur des droits des femmes.
Son mémoire ouvre également des perspectives concrètes pour les acteurs éducatifs, les professionnels de santé, les entrepreneurs et les décideurs publics. Il appelle notamment à renforcer les collaborations pour construire une éducation à la sexualité plus adaptée à l’ère numérique.
Comme elle l’exprime elle-même, l’ambition est claire : imaginer « des solutions innovantes et inclusives à des problématiques sociétales complexes » et contribuer à une éducation « plus juste, inclusive et accessible pour toutes et tous ».
Enfin, Chloé conclut en invitant chacun à adopter « une ouverture d’esprit et une curiosité pour les dynamiques en jeu afin de conjuguer innovation, impact social et égalité ».
Le Prix ICOR
Le Prix ICOR récompense chaque année des travaux de recherche étudiants qui se distinguent par leur excellence académique, leur originalité et leur contribution aux grands enjeux contemporains dans les domaines de la responsabilité, de l’éthique et de la durabilité.
Ouvert à toutes les disciplines, il met en lumière des projets capables de faire dialoguer recherche et impact, en valorisant des approches à la fois rigoureuses, innovantes et engagées.
À travers ce Prix, l’IÉSEG réaffirme sa volonté de former des étudiants capables de penser les transformations du monde et d’y contribuer activement.